Le revenu de base : une remise en cause de la création monétaire ?

Christian Arnsperger, docteur en sciences économiques, enseigne à l’université de Lausanne. Dans un article intitulé « Revenu de base, économie soutenable et alternatives monétaires »[1], celui-ci pose la question de savoir si « de par la manière dont elle sont créées et mises en circulation, les ressources nécessaires au financement d’un revenu de base inconditionnel (RBI)] ne risquent pas d’être en contradiction avec l’objectif même d’un tel revenu. » Cette question est cruciale, dans la mesure où le revenu de base, contrairement au système monétaire en place, est porteur de valeurs telles qu’il devrait constituer un véritable outil de « changement socioéconomique, de transition écologique et de transformation des consciences ». L’argument que l’auteur développe est que le RBI doit pouvoir devenir un « facteur de transition socioécologique profonde », et que, à ce titre, d’une part, la monnaie devra être créée différemment et, d’autre part, les types de monnaies en circulation devront être diversifiés.

Raisonnant sur la base d’une masse monétaire donnée, pour la plupart d’entre eux, les défenseurs du revenu de base restreignent la question de son financement à des enjeux fiscaux et budgétaires. « La question devient celle de savoir comment, à travers des instruments de politique publique, on canaliserait et acheminerait la fraction la plus élevée possible de cette masse monétaire vers le « pot commun » de la société. » La problématique de la création monétaire est donc éludée : « comment sont actuellement créés les « droits de tirage » sur la richesse collective, c’est-à-dire les signes monétaires effectifs – scripturaux et fiduciaires – grâce auxquels cette richesse peut être commandée, acquise et transférée selon la quantité de monnaie détenue par chaque acteur ? »

Le processus de création monétaire.

Il ne semble pas inutile de rappeler le processus contemporain de création monétaire : « Les signes monétaires, dans leur immense majorité, sont au départ créés à travers l’octroi d’un crédit, donc la création d’une dette des banques commerciales envers des acteurs non bancaires ». Il s’agit donc d’un système de monnaie de dette bancaire, de création monétaire par le crédit, dont le fondement est la rentabilité financière attendue, donc la capacité d’engendrement d’un surplus monétaire futur, des projets économiques qu’elles consentent à financer.

Certains économistes ont pu démontrer qu’au cœur de ces mécanismes de création monétaire se loge un impératif de croissance. « Ainsi, la création monétaire dans nos économies est organiquement couplée à une logique productiviste et « croissanciste », qui requiert en contrepartie une dynamique consumériste ».

Par ailleurs, le mécanisme de l’intérêt composé, qui régit l’évolution d’ensemble des dettes contractées auprès des banques et transformées en monnaie, engendre une dynamique « d’enrichissement des plus fortunés (qui sont prêteurs nets) et d’appauvrissement des plus fragiles (qui sont débiteurs nets), de sorte que les inégalités de richesse dans nos économies de marché ont une tendance structurelle – du moins en l’absence de redistribution – à se creuser plutôt qu’à s’atténuer ». Il en découle que l’argument néolibéral du « ruissellement », qui voudrait que la prospérité des plus riches descende progressivement vers le « bas » afin d’améliorer également le sort des plus pauvres, est ainsi contredit par le fonctionnement de la création monétaire.

Enfin, l’obligation pour les États de s’endetter eux aussi auprès du système financier, et donc de devoir payer des intérêts et se refinancer régulièrement, plutôt que de pouvoir eux-mêmes mettre en circulation la monnaie à travers des dépenses publiques pourtant utiles socialement, implique que les dettes souveraines se gonflent de façon souvent disproportionnée.

Le constat est donc clair. « La quantité de monnaie en circulation dans nos économies ne dépend, en l’état actuel du système, ni de notre sens de la justice sociale, ni de notre désir d’assurer la soutenabilité environnementale, ni du soin que nous souhaitons nous apporter mutuellement ».

Cette quantité dépend des décisions décentralisées d’une multitude d’acteurs bancaires privés, sur la base de décisions centralisées, mais statutairement indépendantes des valeurs et aspirations de la collectivité politique, d’une banque centrale.

Les formes monétaires ne sont pas neutres.

En toute logique, nous devons accepter l’idée selon laquelle le revenu de base et le type de monnaie dans lequel il serait versé doivent former un « tout conceptuel insécable ». Si la seule forme monétaire envisagée est celle que produit actuellement le secteur bancaire – et c’est l’hypothèse traversant les cinq dernières décennies de discussion autour du pour et du contre d’un RBI qui fait la quasi-unanimité –, ce revenu de base sera, par la force des choses, « systémiquement couplé à une économie où règne l’obligation de croissance engendrée par ce mode de création monétaire. Ce sera le cas même pour les citoyens qui choisissent d’utiliser le revenu de base comme outil pour exercer une critique en actes du système. »

« Le mécanisme de création monétaire actuellement en place a des effets délétères. Justifié à l’origine par les impératifs de l’expansion nationale et de l’industrialisation, il démontre aujourd’hui clairement ses limites à l’aune de la justice sociale et de la soutenabilité écologique ».

Il faudra donc revoir le processus de la création monétaire.

Ainsi, promouvoir un revenu de base réellement porteur de justice sociale et de transition écologique, c’est devoir par là même remettre en question la façon dont est créée et mise en circulation la monnaie avec laquelle ce revenu est financé.

Il ne s’agit en aucune façon de supprimer la création monétaire par le crédit bancaire, mais de lui adjoindre des mécanismes de création monétaire complémentaires, venant s’ajouter à la logique dominante, et en mitiger les effets problématiques. « Rien n’empêcherait en effet les États ou les collectivités d’instituer une création monétaire complémentaire spécifiquement dédiée au versement du revenu de base ». Plusieurs possibilités semblent offertes :

(i) Le quantitative easing pratiqué par les banques centrales, depuis 2009 par la Réserve fédérale américaine, et plus récemment par la BCE, correspond à l’idée d' »helicopter money » selon laquelle, en période déflationniste, l’Etat pourrait « moduler la masse monétaire par l’impression de billets ou la création de nouvelles écritures en comptes, et les « parachuter » dans la population à travers des dépenses publiques ponctuelles ou même de simples versements directs« . Cependant, en raison du fait que les banques commerciales ne font pas de cette monnaie un usage qui serait conforme à l’intérêt collectif, certains économistes ont suggéré que cette « monnaie hélicoptère » soit versée directement aux citoyens – un « QE for the people » – qui, eux, en la dépensant, amorceraient ainsi plus efficacement une relance de l’économie au profit de tous. Cependant, le quantitative easing présente des limites. En effet, il répond à une logique de régulation conjoncturelle : « la création monétaire s’intensifie dans les phases déflationnistes, mais a vocation à se réduire en cas de redémarrage de l’inflation, sauf à risquer un emballement de la hausse des prix. Or, on ne peut faire dépendre une mesure structurelle comme le revenu de base de considérations conjoncturelles« .

(ii) Dans le contexte européen, l’idée est émise d’un revenu de base libellé dans une monnaie complémentaire à circulation uniquement nationale. « Une monétisation directe du revenu de base en monnaie nationale complémentaire pourrait, en effet, contribuer à la relance des marchés intérieurs et rendre les citoyens moins dépendants de la création monétaire bancaire dominante quand il s’agit de leurs besoins de base  qui devraient alors être satisfaits uniquement par des biens et services ayant des prix en monnaie complémentaire nationale – et de leur sécurité matérielle primaire. »

(iii) Enfin, le désir de reprise en main régionale et locale des activités économiques –  circuits courts, mobilité douce – se pose avec une acuité croissante. « Le besoin et, dans bien des cas, le désir de bon nombre de citoyens est d’expérimenter des modes de vie et des formes économiques à petite échelle, à fort enracinement bio-régional, avec des composantes écologiques radicales comme les écovillages et la permaculture ».

Une meilleure compréhension des mécanismes monétaires est absolument nécessaire

Ces différentes déclinaisons d’un revenu de base inconditionnel, national ou local, remettent en cause d’une manière assez radicale la création monétaire, dans le but de faire du RBI un réel outil de transition socioécologique, « plutôt que de n’être que le simple appendice d’une économie monétaire dont les mécanismes mêmes enserrent et étouffent une telle transition ». 

La nécessité d’une révision du processus de création monétaire apparaît donc de manière évidente, ce dont les défenseurs du revenu de base devraient prendre de plus en plus conscience en s’investissant dans une meilleure compréhension des mécanismes monétaires.

Robert Cauneau, citoyen militant

 


Notes

[1] Christian Arnsperger, « Revenu de base, économie soutenable et alternatives monétaires », L’Économie politique 2015/3 (N° 67), p. 34-49. DOI 10.3917/leco.067.0034. Les nombreuses citations sont issues de cet article.

Image : pixabay.com

13 commentaires sur “Le revenu de base : une remise en cause de la création monétaire ?

  1. Bonjour. Il est un point (au moins 😉 que je ne comprends pas. Vous écrivez que le QE correspond à l’idée d’ « helicopter money ». J’y vois pourtant une différence : le QE est un prêt que la BCE fait aux banques, donc qui finit par être remboursé, alors qu’un versement direct à la population ne le serait pas. Il s’agirait donc d’une dépense supplémentaire qu’il faudrait financer … par la dette ou en ayant recours à la planche à billet comme vous le suggérez. Mais en prenant pour hypothèse de calcul 500 Euros versés tous les mois à 50 millions de personnes (pour simplifier), ce serait 300 milliards qu’il faudrait emprunter ou créer. C’est cela que je ne comprends pas. Pourriez-vous m’éclairer ?

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  2. Merci de votre commentaire.
    Pour répondre à votre question, le QE, qui consiste pour la banque centrale à créer de la monnaie pour acheter sur le marché des emprunts d’État ou privés détenus par des investisseurs, avec pour objectif que ces derniers réinjectent les liquidités qu’ils obtiennent en échange dans l’économie, en prêtant aux ménages et aux entreprises qui, à leur tour, doivent stimuler la croissance et l’inflation, n’est pas assimilable à un prêt devant par la suite être remboursé.

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  3. Bonjour et merci pour votre réponse.
    Ok, le terme de prêt n’est pas le plus approprié. Mais comme vous l’écrivez, la BCE crée de la monnaie pour acheter sur le marché des emprunts d’État ou privés. Elle ne « donne » donc pas cet argent, mais « l’échange » contre des actifs qui ont une valeur. Actifs qu’elle peut revendre ensuite pour détruire la monnaie crée. Dans le cas de « helicopter money », comment l’argent créé serait-il détruit ?

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  4. Le processus de création monétaire n’obéit effectivement pas à la même logique, qu’il s’agisse de QE ou d’helicopter money. En ce qui concerne le QE, elle est la contrepartie de l’acquisition d’actifs financiers, et est donc censée être temporaire : lorsque les actifs sont remboursés, la monnaie créée par le QE est détruite. Par contre, en ce qui concerne l’helicopter money, la monnaie est crée d’une manière définitive.

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  5. Les limites de la création monétaire sont très bien abordées par l’approche néochartaliste (Modern Monetary Theory), que vous connaissez sans doute. Ces limites ne sont en fait, dans cette vision que je partage, que celles de l’efficacité économique de la dépense publique.

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  6. Je doute malheureusement que nous arrivions à nous entendre. J’ai de grandes interrogations (pour rester mesuré) concernant l’approche néochartaliste à laquelle vous faites référence …
    D’ailleurs, s’il était si simple de créer de la monnaie ex-nihilo et sans obligation de la détruire, pourquoi les pays pauvres n’y recouraient-ils pas pour s’équiper et se sortir de leur misère ? Et pourquoi aucun pays – finalement – n’y recourt-il pas ?

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    1. Je me rends compte que j’ai été incomplet dans ma réponse.
      En effet, il faut savoir que, si, d’une manière explicite, aucun pays n’a appliqué jusqu’à aujourd’hui l’approhe MMT, celle-ci, utilisée comme grille de lecture, explicite parfaitement la situation économique de plusieurs pays, dont le Japon. Cela signifie que certains pays font de la MMT sans le savoir…, comme Mr Jourdain faisait de la prose… Il faut savoir également que, au Canada, de plus en plus de politiques s’intéressent à cette approche, et que le candidat américain Benny Sanders était convaincu de sa pertinence. Vous trouverez sur le web de nombreux papiers sur ce sujet.
      Enfin, je comprends parfaitement la critique contre de MMT qui vient immédiatement à l’esprit, qui est celle du caractère a priori utopique, irréaliste et rêveur de la possibilité de créer ex nihilo de la monnaie sans limites. C’est bien LA question, sans doute la plus fondamentale, celle que je me pose également personnellement, celle à laquelle les avocats de MMT doivent avoir une réponse la plus explicite possible. En effet, bien évidemment, il ya une limite. Je la perçois, au stade de mon approche, comme celle de la rentabilité, de l’efficacité économique, des dépenses que cette création monétaire permet.
      Mais une réponse qui soit la plus claire et la plus argumentée possible à cette question est essentielle, car il en va bien évidemment de sa crédibilité.

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  7. Cher Monsieur,
    L’article que j’ai écrit ici avait pour objectif initial d’attirer l’attention des avocats du revenu de base sur la nécessité de bien comprendre le processus de la création monétaire, car le revenu de bas eest par narure étroitement lié à la monnaie, à la manière dont elle est créée. La lecture que j’ai faite du papier de Christian Arnsperger m’en avait convaincu.
    A la suite de cette lecture, je me suis concentré sur les questions monétaires, et mes nouvelles lectures m’ont amené à découvrir cette approche néocharlatiste, qui m’a beaucoup parlé, en raison notamment de sa vision totalement radicale du déficit budgétaire de l’Etat (proche des post Keneysiens), ainsi que du fait qu’il s’agit bien plus que d’une théorie, car elle émet des recommandations de politiques publiques.
    Comme vous le savez sans doute, cette approche est pratiquement totalement méconnue en France. La seule personne qui la défendait d’une manière claire est Jean-Baptiste Bersac, qui malheureusement est décédé, jeune, l’an dernier. Il avait un blog, qui est toujours consultable, que vous connaissez sans doute : https://frappermonnaie.wordpress.com/ et il a écrit un livre accessible gratuitement sur le web en format pdf.
    Mais le monde anglophone est très actif sur ce sujet. En ce moment même se déroule à New York une conférence de 3 jours sur Modern Monetary Theory (MMT), l’appellation anglaise du néochartalisme.
    Je me suis personnellement inscrit dans 2 groupes de discussions sur le sujet, sur facebook, qui me laissent souvent insatisfait, mais qui me permet tout de même de communiquer avec des personnes qui se posent des questions comparables aux miennes :
    https://www.facebook.com/groups/chartalisme/about/
    https://www.facebook.com/groups/introductiontommt/?notif_id=1535227869016240&notif_t=group_r2j_approved
    Je ne connais pas votre niveau de connaissance du néo-chartalisme. Mais, si vous n’en êtes qu’à une première découverte, sans l’avoir encore approfondie, je ne peux que vous conseiller de vous plonger dans la littéraure anglophone, qui est très riche sur le sujet.
    Il faut savoir que l’approche néo-chartaliste propose, en « option », un concept d »Etat employeur en dernier ressort », qui n’a rien d’irréaliste ni de fantaisiste, car il a pour occurence la plus parlante le New Deal de Rossevelt et, aujourd’hui, le projet « Territoires zéro chômeurs de longue durée », étant précisé qu’il a été inclus par Mélenchon (dont je ne partage pas toutes les idées) dans son programme.
    Sur la question de sa non-application aux pays en voie de développemnt, je pense qu’il faut avoir à l’esprit au moins 2 réalités :
    – le fait que lechartalisme ait été totalement délaissé et oublié depuis les années 80 qui ont vu le début du règne sans partage de la pensée néo-libérale
    – le fait que ces pays sont sous l’influence prégnante des grands organismes internationaux, qui eux-mêmes sont de grands thuriféraires de cette pensée néo-libérale.
    Je ne suis pas totalement certain que cette approche néochartaliste réussira à me convaincre, mais je pressens de plus en plus qu’elle peut apporter une réponse cinglante à cette pensée néolibérale, qui (i) essaie d’abrutir les populations en leur faisant croire que le budget d’un Etat doit se gérer comme celui d’un ménage ou d’une entreprise, alors qu’un Etat a la possibilité de créer sa propre monnaie et qui(ii) ne fait en fait que maintenir les intérêts des puissants.
    Je vous suggère donc, avant de porter un jugement définiti sur le chartalisme, de l’approfondir, et je vous dis peut-être à bientôt sur Facebook ou ailleurs.
    Quoi qu’il arrive, je ne cherche personnellement à « m’entendre » avec personne. Mon moteur est d’abord d’essayer de comprendre puis, si je suis convaincu, de diffuser pour essayer, et, en toute humilité, de participer au changement profond de société auquel j’aspire.
    Bien à vous.
    Robert Cauneau

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  8. Cher Robert. Merci tout d’abord de m’avoir si longuement et complètement répondu 🙂
    Je dois vous l’avouer, je n’avais jamais entendu le terme de néochartalisme avant de lire votre blog. J’ai donc profité du week-end pour essayer d’en savoir un peu plus, comme vous le suggériez.
    De ce que j’ai pu comprendre, je dirais que la principale caractéristique de la pensée néochartaliste est la gestion contra-cyclique des dépenses publiques, la seconde étant le recours à « l’emploi de dernier ressort » que vous évoquez plus haut.
    Mais ces dépenses sont financées par le déficit, (le mot n’est pas tabou), par emprunt, émissions d’obligations d’État … mais pas par l’augmentation « définitive » de la quantité de monnaie. C’est en tout cas ce que j’ai cru comprendre. On en revient donc à ma remarque initiale, concernant le QE et la monnaie hélicoptère, et in fine à la très grande difficulté, à mon avis, de financer un revenu universel par création monétaire.
    Sincères salutations .
    Steph.

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  9. Cher Steph,
    Je voudrais tout d’abord vous dire que c’est un plaisir pour moi de vous répondre. Au-delà du fait que je trouve naturel de répondre aux commentaires des personnes qui ont la gentillesse de lire mes articles, répondre à ces questions représente pour moi une opportunité pour approfondir le sujet.
    Moi aussi, je suis en phase de découverte du néo-chartalisme, et, même si, intuitivement, cette approche me parle, d’une manière plus rationnelle, je me pose encore une foultitude de questions.
    Je vais essayer de vous aider dans votre recherche.
    A priori, je pense que se focaliser sur la question de savoir si la monnaie a été créée d’une manière définitive ou non est sans doute une bonne manière d’appréhender le sujet. Mais cette question doit, de mon point de vue, être replacée dans une approche globle du sujet.
    Une autre question est sans doute celle de savoir comment a été utilisée la monnaie créée.
    Il faut bien voir que l’un des fondements de cette approche est l’égalité fondamentale macroéconomique…..
    Dans cette approche, le déficit ne devrait pas faire l’objet d’emprunts spécifiques, puisque l’Etat dispose de la possibilité de créer sa propre monnaie. Il devrait donc être monétarisé, financé par la création monétaire elle même. Dans ce schéma, d’une manière totalement contre-intuitive, je le reconnais, le processus est le suivant : 1. l’Etat effectue ses dépenses et 2. Il crée la monnaie correpondante pour financer ces dépenses. La question du « financement des dépenses publiques fait donc f’ojet d’une inversion de la chaîne de causalité habituellement pressentie.
    Mais il faut également bien comprendre que cette monnaie, qui, venant financer les dépenses publiques se trouve ainsi injectée dans le système, est ensuite détruite par la fiscalité…, dont le montant est défini par l’Etat dans un but d’équilibre des grands agrégats, et notamment de contrôle de l’inflation.
    Mais je pense également que l’on ne peut bien comprendre, puis éventuellement adopter une approche comme le chartalisme sans avoir une bonne connaissance de la nature de la monnaie. Sur cette piste, j’ai le projet de lire le livre de David Graeber « Dette – 5000 ans d’histoire », qui semble incontournable.
    J’espère avoir répondu, au moins partiellement, à votre question, et je ne peux que vous inviter à approfondir, car je pense que nous tenons là, avec le chartalisme, des arguments très forts contre les politiques d’austérité qui nous sont imposées d’une manière aveugle et intéressée par les puissants, à moins que les femmes et les hommes politiques aux manettes ne soient que des ignorants, ce qui n’est pas une hypothèse complètement invraisemblable…
    Bien à vous
    Robert

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  10. Cher Robert. Merci pour ces échanges qui m’auront fait découvrir le néochartalisme. Je vous souhaite bonne continuation, à vous et à votre blog.
    Steph.

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